la Nation Éducative

François Jarraud sur le site du café pédagogique nous résume l’intervention de Manuel Vals autour du concept de Nation Éducative.

Manuel Vals donne ainsi des éléments de programme pour les prochaines élections présidentielles.

Tout ce qu’il annonce me convient très bien, mais je constate que ce concept de « Nation Éducative » qui devrait être au cœur d’un nouveau contrat social à inventer n’est pas traité. Or, c’est bien là que se trouve la vraie solution. Certes, il faut sans cesse repenser notre école, il faut poursuivre sa refondation, mais l’éducation c’est l’affaire de la Nation entière. Un enfant est éduqué dans sa famille, dans son village, dans son quartier, dans des associations, avec ses ami(e)s, avec les personnels médicaux et sociaux qu’il rencontre, auprès des adultes qui croisent son chemin… La Nation Éducative ne peut prendre forme qu’avec un contrat social éducatif. La première étape ne doit pas concerner l’école en ignorant le reste.

Ce n’est pas simple, mais plus tôt la dynamique sera lancée, plus tôt l’espérance renaîtra.

Il faut éviter à tout prix que la Nation Éducative soit une coquille vide.

 

Manuel Valls promet « la Nation éducative » pour après 2017

« L’école, c’est la première étape de la Nation éducative que nous voulons construire … Une première étape essentielle, qui donne l’impulsion. Mais il ne faut pas s’arrêter là ! » S’exprimant le 16 novembre devant les étudiants de l’Espe de Cergy Pontoise, le premier ministre a lancé un nouveau concept : la Nation éducative. Un concept qu’il décline en mesures : une « vraie » revalorisation salariale des enseignants, la mixité sociale dans les établissements et un milliard pour les universités. Il dessine ainsi un programme éducatif pour l’après 2017.

Une nécessité économique et sociale

Pour Manuel Valls, cette nouvelle politique éducative résulte de considérations économiques et sociales. « Nos Nations vont devoir se lancer dans une course aux qualifications pour peser de tout leur poids dans cette nouvelle donne internationale des savoirs », dit le premier ministre. « Notre pays, chacun le ressent, est à un tournant. La société se fragmente, se fracture. Le modèle républicain ne parvient plus à donner la confiance nécessaire pour se projeter dans l’avenir. C’est la crainte du déclassement pour les classes moyennes et populaires. C’est le constat quotidien de l’évitement scolaire, qui abîme la promesse républicaine. C’est la possibilité même de progrès social et d’émancipation individuelle – c’est-à-dire le refus de toute forme d’assignation, sociale, ethnique, culturelle, territoriale – qui est, au fond, remise en cause. Nous devons construire une Nation éducative. C’est le coeur du nouveau contrat social qu’il faut inventer ».

La promesse de la revalorisation

La Nation éducative se décline en moyens supplémentaires. « Nous aurons plus que jamais besoin des enseignants, des professeurs, des chercheurs, de tous ceux qui transmettent les savoirs, les compétences … Tailler à l’aveugle dans les effectifs serait une erreur d’appréciation impardonnable ! Nous devons au contraire redorer le blason du métier d’enseignant. Ce quinquennat a été celui des créations de postes … Nous avons aussi commencé à revaloriser le salaire des professeurs des écoles … Le prochain quinquennat devra être celui de vraies augmentations de salaires, pour tous les enseignants ».

Et de la mixité sociale

Et le premier ministre évoque aussi la mixité sociale. « Il faut aussi frapper beaucoup plus fort pour construire une vraie mixité sociale, pour faire que les élèves se rencontrent. Il faut le marteler : plus de mixité, ce n’est pas tirer les meilleurs vers le bas. C’est tirer tout le monde vers le haut ! Il faudra donc généraliser l’expérience menée aujourd’hui avec des départements volontaires pour que les collèges cessent de recruter seulement dans leur proximité immédiate, et aillent chercher des élèves aux profils plus diversifiés dans des secteurs plus larges. »

Un milliard pour les universités

« Nous devrons, dans les 10 prochaines années, avoir créé ces 10 campus internationaux », explique M Valls, « qui rivaliseront avec les meilleures universités mondiales, qui formeront les meilleurs étudiants et attireront les meilleurs chercheurs… Il faudra pour cela investir tous les ans, pendant plusieurs années, au moins un milliard d’euros dans notre université. Un milliard d’euros pour nos chercheurs, un milliard d’euros pour mieux orienter les élèves en amont ».

Se battre sur le bilan ou sur des promesses ?

Alors que N Vallaud-Belkacem met en avant le bilan éducatif du quinquennat et l’irréalisme des propositions de l’opposition, Manuel Valls choisit un autre cap. Le bilan il le qualifie dans son discours d’un mot terrible : « gâchis ». Il préfère dessiner de nouveaux caps. Pour un nouveau destin ?

François Jarraud