coéducation, vous avez dit coéducation ?

Vous savez quoi ?

Je suis comme tout le monde : je ne pense pas que l’école puisse relever toute seule le terrible défi de permettre à chaque enfant de réussir sa vie.

Chaque homme et chaque femme a, ancré au plus profond de son être, le désir que son enfant soit heureux dans sa vie, qu’il soit bien intégré socialement, économiquement et affectivement. Il est naturellement responsable de l’accompagner sur ce chemin semé d’embûches qui mène à l’autonomie. Il s’adresse à la société pour l’y aider. L’école est là avec ses professionnels, mais pas seulement : d’autres spécialistes, de la petite enfance, sociaux, de santé, sportifs, culturels, de loisirs, mais aussi les forces de l’ordre et tous ceux qui définissent et mettent en œuvre des politiques de la ville, des politiques urbanistiques, des politiques sociales et culturelles, interviennent tout au long de l’enfance et de l’adolescence de ces enfants. Il faut du monde pour accompagner un enfant et un jeune.

Si les parents sont les premiers éducateurs de l’enfant, si l’école est son premier accompagnateur dans sa construction intellectuelle, bien d’autres interviennent et le ministre de l’Éducation nationale devrait devenir le Ministre de la Coéducation nationale.

La Nation toute entière doit se mobiliser pour lutter contre toutes ces inégalités qui ne permettent pas aujourd’hui d’assurer à chaque enfant la possibilité de réussir sa vie.

Cela suppose que tous les concitoyens adhèrent aux principes fondamentaux de la République Liberté, Égalité, Fraternité, c’est à dire par exemple pour les jeunes la liberté de choisir son projet personnel de vie, d’obtenir de la Nation les soutiens nécessaires à l’existence d’une égalité entre les enfants et de faire vivre la fraternité entre tous les enfants et les jeunes.

Cela suppose aussi qu’un contrat moral entre tous les partenaires de la coéducation se fonde sur la base de ces valeurs communes de la République.

Cela suppose enfin qu’une coordination de cette coéducation soit assurée nationalement par l’État et localement par la commune ou l’intercommunalité, selon les principes de base de la coopération, c’est à dire la volonté de travailler ensemble sans arrière-pensée dans le respect de l’autonomie de chaque institution.

Yves Bourgarel

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