les nouveaux enseignants

 

L’école, le collège, le lycée ont un rôle particulier parce qu’ils doivent accueillir tous les enfants de leur environnement proche qui se présentent et celui d’appliquer l’organisation et les programmes définis par l’État. Les enseignants doivent donc représenter la Nation et s’adapter à leur public. Ils sont très proches et très lointains.

Il y a un siècle, l’instituteur, souvent issu de la classe populaire, bien intégré dans le village ou la ville dont il était devenu un notable, bénéficiait d’une autorité naturelle sur les enfants et les parents. Il incarnait le Savoir et la Nation.

Aujourd’hui, l’enseignant n’a plus cette considération.

Le métier est dévalorisé : ils ne sont plus le seul vecteur d’accès au savoir et leur reconnaissance sociale est en recul par rapport aux autres professions. Leur niveau de recrutement n’a cessé de s’élever, mais leur rémunération n’a pas suivi. Or, tout le monde sait qu’on mesure à tort ou à raison la reconnaissance de son activité professionnelle au montant de sa fiche de paie.

Le métier d’enseignant est en pleine mutation. Cela n’est pas assez dit, pas assez expliqué.

Les nouveaux enseignants sont arrivés sans que cela soit dit, soit reconnu.

Les nouveaux enseignants, ce sont des passeurs, ce sont ces adultes qui savent transmettre des savoirs, qui permettent aux jeunes de se les approprier, qui sont attentifs à chacun, qui savent donner envie d’apprendre, envie de travailler, envie de se dépasser, envie de grandir, qui savent travailler au sein de l’équipe éducative, en un mot qui sont des pédagogues.

De nombreuses expérimentations existent et toutes ont montré que si l’équipe éducative travaille collectivement en respectant les compétences de chacun, les jeunes réussissent mieux.

Mais la relation entre les parents et les enseignants reste très ambiguë.

Du côté des enseignants, les parents sont souvent considérés comme des empêcheurs de former en rond. Parfois même, ils sont considérés comme la cause de leurs problèmes. Ils ne sont pas toujours les bienvenus dans l’enceinte de l’école ou du collèges, sans parler du lycée.

Du côté des parents, les enseignants sont souvent craints, parfois sacralisés, beaucoup ont l’impression qu’ils sont inaccessibles et puis ils rappellent de bons ou mauvais souvenirs.

Or, tout le monde sait bien que les inégalités ne se créent pas à l’école mais sont là dans la famille.

La grandeur de l’école publique ne se limite pas à l’ « ascenseur social» mais à sa capacité à réduire les inégalités pour permettre à tous les enfants de réussir leur vie.

Il est urgent que l’école et le collège s’ouvrent, que les parents soient enfin considérés comme des partenaires comme devraient l’être aussi les autres éducateurs péri et extra scolaires.

Des nouveaux enseignants, des nouveaux partenaires, une nouvelle organisation, plus d’autonomie des établissements, voilà qui pourrait être un beau cocktail pour un meilleur avenir de nos enfants et de nos jeunes.

Yves Bourgarel

 

Laisser un commentaire